Le livre - Extrait

POUR CONCLURE, EVIT KLOZAÑ

 A partir du mot kerboullen nous avons découvert l’importance de l’industrie tinctoriale en pays bigouden. Celle-ci nous a conduits à l’industrie des toiles, tout aussi importante. D’autres activités annexes n’étaient pas négligeables ; vannerie, rempaillage, chaumage, charpenterie, forges. Le corroyage et la cordonnerie devaient frôler l’importance de la toile.

 Les productions agricoles traditionnelles avaient aussi leur importance, qu’elles soient de subsistance, comme le millet, ou en rapport avec l’industrie, élevage pour la viande mais aussi pour le corroyage et la filature (laine).

 Au début de la promenade, la surprise était de taille en découvrant l’importance ignorée du pastel ; la balade se termine par une autre surprise aussi énorme en débouchant sur de larges estuaires non encore colmatés qui nous permettent de reconstituer tout le cycle de la pisciculture à partir du plus petit ruisseau, en passant par les rivières pour arriver aux étiers (sterioù) avant de déboucher dans l’océan.

 L’étude attentive de ces estuaires réserve une nouvelle surprise encore plus énorme peut-être : les salines contribuaient aussi largement à l’expansion économique européenne de la Bretagne.

 Les moulins (avec les manoirs et les églises) sont sans doute les buttes-témoins qui attestent le mieux l’ancienne puissance économique de la Bretagne. On en découvrira sans doute d’autres dans l’avenir.

 Toutes ces activités nécessitaient une flotte importante qui requérait la présence de très nombreux chantiers navals.

 En commençant une étude que je pensais de micro-économie, j’ai débouché sur une macro-économie réellement difficilement concevable.

 Laissons le dernier mot à Joël Raguénès dans « une mer de lin bleu » : « le terme manufacture désigne généralement un atelier, une usine. Il en va tout autrement dans le cas de la manufacture bretonne. Il s’agit, ici, d’un atelier textile gigantesque – cinquante mille métiers à tisser – éparpillés dans des milliers de fermes réparties sur la quasi-totalité du territoire breton. Aussi peut-on s’étonner que cette manufacture, jadis prospère, soit aujourd’hui pratiquement méconnue, alors qu’elle a fait la fortune du duché pendant plusieurs siècles. Si certains ports se souviennent encore aujourd’hui que la Bretagne a eu la première flotte européenne au 16e s., on a totalement oublié qu’elle a été la première zone textile d’Europe au milieu du 17e s. ».

 


Date de création : 23/04/2012 @ 03:02
Dernière modification : 26/06/2012 @ 09:48
Catégorie : Le livre
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